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SON HISTOIRE

          

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chronologie succincteL'après JobExemples de production

La pub par affichesLes produits dérivésLes calendriers

 

 

 

 

 

"...devait être une belle histoire."

 

 

 

Fabrication et production de papier à cigarettes

 

La société est créée en 1903, son siège social est installé au 72 bd de Strasbourg à Toulouse. Plusieurs usines sont implantées dont deux à Toulouse (une au 17 bis rue Claire Paulhac orientée sur le découpage et le conditionnement du papier à cigarettes pour la vente au détail et la seconde située dans le quartier des Sept Deniers), une à la Moulasse près de Saint-Girons (09), une autre au Plagnol à Saint-Girons et une à Perpignan.

 

 

   2002

 

 

 

 

 

Sur une superficie de 4.7 hectares, l’entreprise fabriquait principalement aux Sept Deniers (au 105 route de Blagnac ou au 9 chemin de la Garonne) du papier destiné à la mise en cahier du papier à cigarettes.

Elle produisait également le papier de luxe le " couché classique " destiné pour les paquets de la marque " Gauloise ".

Vestige des années 30 le bâtiment blanc ce " paquebot " de béton, porte le signe Job, a été construit sur les plans de Pierre Thuriès, architecte de la ville de l'époque.

 

 

 

 

Une idée géniale

 

    Jean BARDOU (Photo DR)

En 1838 à Perpignan, le boulanger Jean Bardou né à Ille-sur-Têt (1799 - 1852) a eu l'idée de créer un petit livret de feuilles de papier à rouler les cigarettes. Rien de ce genre n'existait jusqu'alors pour les fumeurs. Son invention connut rapidement un succès incroyable, qui ne s'est pas démenti depuis. A l'époque, ce n'était autre qu'un petit cigare coupé en brins minces et roulés dans un papier provenant de feuilles qu'on coupait à sa convenance.

   Jacques-Zacharie Pauilhac  (E. Praca)

Il eut l'idée de pré découper ces feuilles et de les réunir dans une pochette.

A partir de 1849, la diffusion exclusive chez les débitants de tabac est assurée par Jacques-Zacharie Pauilhac "courrier de malle-poste", un représentant de commerce toulousain, entre Toulouse et Perpignan.  En cette même année,  Jean Bardou dépose un brevet (enregistré sous le n° 8872) d'invention pour le papier à cigarettes dit " papier Job " auprès du ministère de l'agriculture et du commerce. C'est son fils Pierre (1826 - 1892) qui donnera à la marque toute son ampleur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Création du logo

 

Pour la petite histoire, Jean Bardou signait ses livrets ou ses cahiers de cigarettes de ses initiales J.B, entre lesquelles il plaçait une étoile, puis un blason représentant les armes de la ville de Perpignan et enfin un losange.

Peu à peu, les clients ont lu JOB et au fil des années, les consommateurs transformeront d'eux-mêmes ce losange en 0 ils ont ainsi créé le nom de la marque. JOB était né.

Aujourd'hui encore, vous retrouvez cette marque sur tous les produits JOB dans le monde

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chronologie succincte

 

 

  • 1931, l'usine de papeterie prend forme. Le bâtiment blanc en figure de proue portant le sigle JOB est dessiné par l'architecte Pierre Thuriès. Il est à l'avant -garde de l'époque, comme la célèbre maison-paquebot de Charles Trénet sur les auteurs d'Antibes. L'usine appartient à la famille de Jean Bardou, le créateur du papier à cigarettes de même nom.

 

   Collection Job

 

  • 1960, l'usine se modernise pour se spécialiser dans la fabrication des papiers couchés classiques haut de gamme.

 

 

DDM

 

 

   Collection Job

 

 

   Collection Job

 

 

 

 

DDM

 

 

  • 1986, changement de propriétaire par le groupe Bolloré Technologies.

  • 1988, la division papiers de Bolloré intègre l'usine des Sept Deniers.

 

   Collection Job

 

 

  • 1992, 50% pour Bolloré, 50% pour le hollandais KNP, ainsi la nouvelle société Job-Parilux est créée.

  • 1992, il est confirmé par un rapport de la DRIRE (20070113/126) qu'une pollution sonore a été commise par l’usine de fabrication de papier et de carton JOB.

  • 1995, début des conflits sociaux, le groupe Gecco France reprend Job à Bolloré (300 salariés) pour un franc symbolique. Les démêlés judiciaires débutent pour les responsables de l'entreprise. Les salariés bloquent la route de Blagnac.

  • Décembre 1995 Gecco, une structure que les anciens salariés qualifient de coquille vide, décide de revendre son acquisition au groupe papetier allemand Scheufelen, un groupe  incapable de redresser une situation difficile.

 

 

1995 route de Blagnac 1995 route de Blagnac

 

 

  • Janvier 1996, Job est revendue pour 10 millions de francs au papetier allemand Scheufelen. Alors que l’entreprise sortait des produits finis de haute qualité, elle en est réduite à produire des rouleaux et feuilles de papiers destinés à repartir en Allemagne pour y être transformés : une perte de temps, d’argent et une augmentation des besoins de transports. L'entreprise traverse une nouvelle zone de turbulence (resteront 160 salariés sur 300). La société devient Scheufelen Production Papier.

  • 1996, création de l'association "Après Job" (Association Pour le Retour à l'Emploi des Salariés Job) par le syndicat CGT de l'entreprise qui œuvre au reclassement des ouvriers licenciés.

 

DDM DDM

 

 

  • 30 juin 2000, l'entreprise allemande Scheufelen annonce que Job Toulouse est mis en cessation de paiement. Scheufelen annonce que les pertes sont passées de 7 à 13 millions de francs de 1998 à 99. La prévision est de 28 millions pour 2000. La direction évoque le doublement du prix de la pâte à papier et la crise mondiale dans le secteur. Les salariés avancent des explications bien différentes : si Job Toulouse rencontre des difficultés, c’est que Scheufelen, à la fois patron et client, paye le papier en dessous de sa valeur et le revend en prenant une marge. Autrement dit Scheufelen aurait organisé la faillite de sa filiale… Cette version est soutenue par les syndicats allemands et intéresse la justice.

  • 03 juillet 2000, les employés descendent dans les rues toulousaines, de l'usine à la préfecture. Les boulevards de la place Jeanne-d'Arc à la place Saint-Etienne sont couvert de papier.

  • 07 juillet 2000, le redressement judiciaire de l'usine est prononcé par le tribunal de commerce de Toulouse. Quinze jours plus tard, sur appel du procureur après recours des salariés, la décision est suspendue.

  • 22 juillet 2000, nouveau rebondissement, une enquête préliminaire dans le cadre d'une plainte (saisie par le comité d'entreprise) pour abus de biens sociaux est confiée à la division financière du SRPJ.

  • 27 juillet 2000, les Job obtiennent un délai supplémentaire (6 mois) et la perspective de trouver un repreneur suite à la désignation d'un nouvel administrateur et d'un médiateur.

  • 18 novembre 2000, portes ouvertes dans l'entreprise, l'usine fonctionne et les bénévoles se transforment en guides.

  • 07 février2001, la liquidation judiciaire est prononcée. Les lettres de licenciement arrivent. Pourtant, les 163 salariés, à la recherche d’un repreneur, croient à la pérennité de l’activité. Des contacts sont établis avec le géant canadien Tempec, nouveau propriétaire d’une usine de pâte à papier à Saint-Gaudens. Des dirigeants de Tempec sont même venus sur place. Sans suite tangible. Cependant, cette recherche d’un repreneur, désormais urgente, ne peut échoir aux seuls salariés et à leurs représentants syndicaux : l’industrie papetière est une industrie lourde, le marché papetier est mondial. Aussi les Job font directement appel à l’État, beaucoup plus en mesure de prospecter à l’échelle planétaire et de trouver un nouveau propriétaire.

  • 13 février 2001, des employés de l'usine mettent en place en soirée un barrage d'une quinzaine de rouleaux de papier, pesant près d'une tonne chacun, en travers de la route de Blagnac.

  • 26 février 2001, le ministre de l'économie et des finances Laurent Fabius apporte son soutien aux employés.

  • Avril 2001, l'association "Après Job" et le syndicat CGT gèrent la fermeture définitive de l'entreprise, après le retour à l'emploi de l'ensemble des salariés.

  • Vendredi 13 avril 2001, en fin d'après midi les employés quittent définitivement l'usine après l'ultime repas. Elle ferme ses portes suite à la gestion du dernier repreneur, le site est bradé à la promotion privée. Le lendemain, des gardiens sont chargés de protéger le site avec l'ensemble des outils de production et le stock.

  • Mai 2001, le "pillage" commence, les outils de travail en totalité sont vendus aux plus offrants. Pour éviter de mettre les ouvriers sans un sou en poche, un commissaire priseur mandaté par l'Etat a pour mission de réduire la dette d'un lourd plan social. (A son tour, un peu plus tard, l'usine allemande Scheufelen est a vendre...)

 

 

DDM - 2001 Barrage route de Blagnac 2001 route de Blagnac

 

 

DDM - 2001 Barrage route de Blagnac Mai 2001 Vente aux enchères - DDM

 

 

  • Juillet 2001, les "anciens" employés se portent partie civile contre l'administrateur judiciaire Jean-Marcel Lavergne.

  • Novembre 2002, manifestation composée d'environ 100 anciens salariés, ils se regroupent devant la mairie annexe du quartier pour dénoncer le non respect de certains accords du plan social.

  • 20 septembre 2003, "JOB expo performance" avec l'association "Après JoB" organisent, dans le cadre des journées du patrimoine sur le site de l’ancienne usine, une soirée projections vidéo et dj pour la sauvegarde du bâtiment amiral, patrimoine industriel Toulousain. Plus de 1500 visiteurs ont passé une soirée chaleureuse qui s'est terminée en musique tard dans la nuit.

 

 

 

2003

 

 

 

  • 17 novembre 2003, devant l'usine désaffectée, une centaine d'anciens salariés et de riverains bloquent la circulation sur la route de Blagnac. Cette manifestation a pour but d'informer les habitants sur les difficultés croissantes de circulation et sur l'avenir de l'aménagement du quartier.

  • Décembre 2003, Job a vécue, la démolition commence.

 

2003

 

  • Janvier 2004, un après-midi festif est organisé devant le bâtiment principal de l'usine. Organisé par les associations du quartier, il préfigure un marché.

  • Juillet 2004, organisée par les associations du quartier, une marche musicale débute sur la place Arnaud Bernard et se termine à l'usine Job.

 

   2004

 

  • 2005, après de longues discussions sur sa sauvegarde ou sa destruction, le bâtiment surnommé "Amiral" ou "Paquebot", siège emblématique de l'entreprise papetière, est racheté par la mairie.

 

   2005

 

  • Avril 2006, la route de Blagnac est barrée. Une manifestation est organisée à la mairie annexe par les anciens ouvriers de l'usine Job.

 

2006 route de Blagnac 2006 route de Blagnac

 

  • 09 mai 2007, l'ancien administrateur judiciaire toulousain Jean-Marcel Lavergne, l'un des plus importants de Midi-Pyrénées dans les années 1990, a été condamné par le tribunal à quatre ans de prison ferme. Il est également privé de ses droits civiques pendant trois ans et devra verser 600 000 euros de dommages et intérêts. Lors du procès, au mois de janvier dernier, il avait admis avoir commis des détournements lors de liquidations d'entreprises comme Job (Toulouse), Myrys (Limoux dans l'Aude) et Sensemat dans le Gers.

  • 04 juin 2007, après 12 ans d'instruction 5 managers de Gecco ont finalement été condamnés par la justice : Youssef Malka et Patrick Feibelmann ont chacun écopé de quatre ans de prison, dont trois ans avec sursis, et d'une amende de 1 millions d'euros à verser aux créanciers de Job. Trois autres prévenus ont eux été condamnés à des peines allant de 18 mois de prison dont 15 avec sursis, à deux ans de prison dont 18 mois avec sursis. Enfin, deux autres prévenus mis en examen pour banqueroute et détournements de fonds ont été relaxés. Suite à l'annonce du verdict, l'avocat de Patrick Feibelmann a laissé entendre qu'il ferait appel du jugement, les organisations syndicales partie civile, regrettant elles que la justice ait fait payer les lampistes et non les organisateurs de ce pillage.

 

Janvier 07, le siège du Grand Toulouse a été tapissé de rubans de papier.

Photo : metro/Sévreine Sarrat

 

 

Juin 07, les anciens salariés manifestent devant le tribunal avant le verdict.

Photo : Philippe fon/metro

 

 

Manifestation du 18 octobre 07

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour plus d’informations :

 

  • L'Association " Après Job " : le local "était" situé au 12 rue Franz-Schubert. (La porte d'accès de l'association est murée par la mairie en janvier 2008)

 

  • Un livre : il retrace l’histoire de l’usine et de sa fermeture, dont les salariés continuent à contester le bien-fondé. Ce livre est dédié aux anciens salariés, qui ont su par leurs engagements militants faire échec aux prédateurs en tout genre. Ce livre montre surtout une véritable humanité : les peines, les tristesses, des évènements familiaux, la solidarité, leurs hésitations et leur façon de ne pas se laisser tromper ou diviser.

    Une expérience d’écriture, qui durant des mois avec l’association "Après Job" où, l'ensemble des années de la lutte a été retracé. Ainsi, le livre a pu s’ancrer dans de multiples échanges entre salariés de plusieurs générations.

    Une masse de documents photographiques témoigne à sa façon de ce type de rapport à l’histoire, fait de souvenirs.

     

    " Un Job pour la vie – Les salariés de Job en lutte "

    (1995-2001)

    Parution : décembre 2005, 422 pages, format : 165x230,

    Par Yannick Le Quentrec et Stéphanie Benson,

    Collection : Le Présent Avenir (syllepse.net).

 

  • Un Blog des anciens salariés : job-cgt-papier.com il a pour but de vous informer des activités menées par leur association et par leur syndicat CGT. Vous découvrirez également de nombreux documents d'archives sur l'histoire de cette usine et ses luttes sociales, ainsi qu'un lieu de dialogues, d'échanges et de débats.

 

  • Le journal local de la région toulousaine, permet de suivre une chronologie plus approfondie avec photos et commentaires journalistiques.

 

  • Un site : aphpo.fr orienté sur l'histoire industrielle du papier à cigarettes dans les Pyrénées-Orientales ainsi, qu'une biographie partielle des Bardou complète cette étude.

 

  • Un magnifique ouvrage : "En quête de Job" composé d'un livre et d'un DVD. Il conte la longue marche, une démarche citoyenne pour la sauvegarde du bâtiment principal.

Le livre de Frédérique Martin et le film de Ouahide Dibane (Collectif des Sept Deniers) actent cette histoire. Sans donner de leçons ou montrer les personnages d'une chronique héroïque et exemplaire, elle est simplement un témoignage.

 

Parution : deuxième semestre 2009

Livre composé de 80 pages, format : 240x220

DVD d'une durée de 66 mn- 7 chapitres

Collection : Zorba éditions

 

Intervention de Frédérique Martin au vernissage de l'ouvrage

 

En vente à la librairie tartinerie de l'association YÉMAYA "Terres de rencontres", 47 route de Blagnac.

Tél : 05.61.11.28.29